Claude Jasmin, écrivain
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Extrait de

Albina et Angela

La mort, la vie l’amour dans la Petite Patrie


«Longtemps, je me faisais réveiller de bonne heure

Par les cris du coq chez le voisin Mancuso

Par les aboiements des chiens du docteur Bédard

Loin de chez nous

Papa parlait d’aller à la police

Mancuso, c’est la campagne dans la ruelle

Son grand potager, des tomates, son tabac

Il répète qu’il veut retrouver son jardin des

Pouilles italiennes

Il a aussi des poules, on les tire à la sarbacane avec des pois jaunes

Elles caquettent fort

Comme mes parents, je dormais mal

Nous allions perdre «mémeille»

Mémeille Albina qui habite à l’étage

Depuis le Jour de l’An, elle allait de mal en pis

Le cœur, son trop grand cœur

La mère de papa, notre bonne fée, à l’article de la Mort?

Notre Père Noël en cheveux gris acier

Elle m’avait offert les Contes de Perrault, cette année là

Un album géant, si beau

Plein d’illustrations en couleurs

Je ne cessais plus, depuis quatre mois

De lire et relire Perrault

Ce fut un sale vendredi

Début avril

Grand branle-bas au logis familial

Grand émotion

Papa avait fait installer une sonnerie électrique

Derrière la porte de la chambre des parents :

«Au cas où mémeille aurait une autre crise»

Antoinette, sa bonne, n’aurait qu’à sonner

Maman couinait d’énervement

Papa s’habillait en vitesse

De nouveau, le vieux cœur de la veuve Prud’homme s’énervait

Mon père avait grimpé l’escalier extérieur

Quatre par quatre marches …»

 

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Extrait de "Albina et Angela
La mort, la vie l’amour dans la Petite Patrie"

De Claude Jasmin
Poèmes

Publié chez
Lancôt Éditeur, 1er trimestre 1998
ISBN 2-89485-053-0